AU CINEMA. « Vesper Chronicles », le futur du Moyen-Âge dans un film de science-fiction douloureux


Vesper (Raffiella Chapman) et son androïde.
Vesper (Raffiella Chapman) et son androïde. (©Condor Distribution)

La Terre est morte ou du moins survit à peine. À la suite de manipulations génétiques, elle est devenue quasiment stérile. Les Terriens sont divisés en deux sociétés. Les uns, les moins nombreux, vivent somptueusement dans des Citadelles inaccessibles alors que le commun des mortels habite dans des campagnes désolées où plus rien ne pousse. En échange d’un produit précieux que leur fournit cette nouvelle plèbe, les messagers des Citadelles donnent des graines qui ne germeront qu’une fois.

Une bio-hackeuse redoutable

Dans une inconceivable masure, la toute jeune Vesper soigne comme elle peut son père grabataire qui ne communique avec elle qu’à l’aide d’un drone. Mais voilà, Vesper a beaucoup lu et en particulier des livres sur la génétique. Devenue une bio-hackeuse redoutable, elle va finir par craquer un code de ces funestes graines. C’est alors que s’abat non loin de chez elle un vaisseau en provenance d’une Citadelle. À l’intérieur une jeune femme dotée de mystérieux pouvoirs…

Nous sommes carrément dans la SF, mais non dans un blockbuster avec effets spéciaux toutes les deux secondes. Le scénario nous plonge dans une dystopie, le contraire d’une utopie, dans laquelle la violence, la fracture sociale, la crasse et la peur creusent leurs sillons infernaux.

Un movie à petit funds… mais captivant

Malgré un funds plus que limité, ce movie captive de bout en bout. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord une picture qui semble ignorer la couleur mais somptueusement éclairée, faisant maintes fois penser à Rembrandt et Vermeer (excusez du peu !), une mise en scène conjuguant des rythmes décalés donnant au récit un côté « humain » troublant, une course d’acteur millimétrée achève, sur une BO d’une noirceur insondable, de nous plonger dans les méandres nauséeux d’un avenir que la scenario actuelle de notre planète ne nous donne plus la possibilité d’ignorer.

Une troublante héroïne

Le movie est porté par la toute jeune Raffiella Chapman, troublante héroïne de ce qui pourrait être le premier volet d’une saga. C’est elle Vesper dont elle hint un portrait d’une infinie subtilité, tout à la fois éprise de liberté et d’avenir meilleur, mais aussi en quête d’amour familial.

De la SF aux frontières douloureuses avec notre temps. Déconseillé aux jeunes spectateurs.

>> La bande-annonce du movie en vidéo <<

Vidéos : en ce second sur Actu

Robert Pénavayre

« Vesper Chronicles ».
Réalisateurs : Kristina Buozyte et Bruno Samper.
Avec : Raffiella Chapman, Eddie Marsan, Rosy McEwen…
Durée : 1 h 52.
Genre : science-fiction

Raffiella Chapman, une star en prepare de naître ?

Elle est Anglaise et a de qui tenir. Sa maman, Emilia di Girolamo est écrivaine d’origine anglo-italo-indienne, son papa n’est autre que l’acteur Dom Chapman. Du haut de ses quinze ans, elle compte déjà trois longs métrages à son actif et un quatrième qui sortira bientôt : “The Visitor”, signé Sébastian Godwin, un movie de SF, style dont cette jeune actrice a fait, jusqu’à aujourd’hui, son terrain de jeu.

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